Tension entre USA et Iran après un incident dans les eaux du Golfe Persique

L’incident du 7 janvier entre Iraniens et Américains, dans les eaux du Golfe Persique, fut d’abord présenté comme une tentative d’attaque iranienne, vidéo et voix menaçante (iranienne, certes) à l’appui. Aussitôt vint aux commentateurs vigilants l’analogie des Golfes, – entre l’“incident du Golfe du Tonkin” (qui fut le point de départ de l’engagement US massif au Vietnam) et ce qui aurait pu devenir l’“incident du Golfe Persique”, – éventuellement utilisé comme argument, ou comme prétexte, pour une poussée guerrière vers l’Iran. (Depuis 1964, des révélations ont montré que l'“incident du Golfe du Tonkin” avait été pour l'essentiel une provocation et un montage pour permettre aux USA de disposer d'un argument pour leur politique d'implication au Vietnam.) Bush na pas manqué évidemment pas de réagir comme il convenait, en menaçant l’Iran.

 

Les Iraniens ont protesté et diffusé leur propre vidéo, qui restitue une scène différente.La Maison Blanche a fermement mis en garde l'Iran contre tout "agissement provocateur qui pourrait conduire à un incident dangereux", après que des vedettes iraniennes eurent procédé à des manoeuvres hostiles dans le détroit d'Ormuz selon le Pentagone. "Nous engageons vivement les Iraniens à se garder de semblables agissements provocateurs, qui pourraient conduire à un incident dangereux à l'avenir", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

 

Selon un responsable du Pentagone s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, cinq vedettes iraniennes se sont livrées ce week-end à des manoeuvres hostiles vis-à-vis de trois navires de guerre de la Marine américaine qui croisaient dans le détroit stratégique d'Ormuz, et ont menacé par radio de les faire exploser.

 

Cet incident est rapporté la veille du départ du président George W. Bush pour la région, un voyage dont la motivation première, avec la résolution du conflit israélo-palestinien, est d'affirmer l'engagement américain dans le Golfe pour contenir l'Iran.

 

En visite en Arabie saoudite, le président américain George W. Bush a mis en garde l'Iran suite à l'incident naval qui a opposé le 6 janvier des navires de guerre américains et iraniens.Selon Washington, cinq vedettes iraniennes se sont livrées le 6 janvier à des manoeuvres hostiles contre trois bâtiments de la Marine américaine dans le détroit d'Ormuz, un acte qualifié de "grave provocation" par un responsable du Pentagone.

 

M. Bush a précisé qu'en cas d'attaque iranienne contre un navire américain sa volonté d'imposer "des conséquences sérieuses" serait la même, que l'agression ait été ordonnée par le gouvernement de Téhéran ou qu'elle résulte de la décision imprudente d'un capitaine de bateau iranien.

 

"Cela n'a pas d'importance de savoir qui a pris la décision", a déclaré M. Bush. "S'ils frappent nos navires, nous tiendrons l'Iran pour responsable."Selon les autorités américaines, lors de l'incident, les navires américains ont envisagé de tirer des coups de semonce avant la retraite des vedettes iraniennes. L'Iran a démenti que ses bateaux aient menacé les bâtiments américains Mais aucun incident de ce type n'avait éclaté récemment, a souligné lundi le vice-amiral Kevin Cosgriff, commandant de la Vème flotte américaine.

 

"Ceci est plus grave en raison de l'ensemble des actions menées, du mouvement coordonné des bateaux, des menaces de manoeuvres, des communications radio plus ou moins simultanées et de l'envoi d'objets" dans l'eau par les Iraniens, pouvant être pris pour des mines, a-t-il déclaré.

 

En mars 2007, Téhéran avait appréhendé 15 marins britanniques et les avait retenus captifs environ deux semaines, les accusant d'être entrés illégalement dans les eaux territoriales iraniennes.

 

Certains observateurs craignent que l'Iran décide un jour de bloquer le détroit d'Ormuz, en réponse à toute attaque américaine. "Nous n'avons aucun projet de blocage du détroit d'Ormuz mais nous sommes prêts à mener n'importe quelle opération pour défendre nos intérêts", avait déclaré en novembre le chef de la marine iranienne, l'amiral Habibollah Sayyari.