Neuvelle résolution contre l’Iran

 

Le chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice a indiqué que des « divergences tactiques » séparaient toujours les six grandes puissances engagées dans les discussions sur le programme nucléaire iranien. Selon elle, il y aurait aussi bien des divergences sur le calendrier que sur le contenu de la résolution à venir...

 

Les américains préconisent une « double stratégie » qui donnerait à Téhéran le choix entre l’ouverture d’un dialogue élargi (avec eux et sans les autres sur tous les sujets – pour un deal régional) après la suspension de ses activités d’enrichissement, et des sanctions internationales.

 

Mais la Russie et la Chine ont un autre projet de « double stratégie » et dans le cas des deux alliés stratégiques de Téhéran, il s’agit de commencer les discussions élargies (avec leurs présences) sans se montrer exigeant sur une suspension de l’enrichissement. Leur argument est que les américains ont reconnu s’être trompés sur la nature militaire du programme nucléaire iranien après 2003. Comme nous l’avons précisé, la crise nucléaire iranienne est également devenue le théâtre d’un affrontement entre l’ex-bloc de l’Est et les Etats-Unis . La Chine et la Russie refusent de se faire dicter leur conduite par les Etats-Unis et prennent même des initiatives qui prouvent leur insoumission.

 

Ainsi récemment, juste avant les discussions pour l’adoption d’une nouvelle résolution, la Chine a délibérément signé un contrat pétrolier avec les mollahs. Plus qu’une menace nucléaire iranienne, il en va de la crédibilité des Etats-Unis vis-à-vis de leurs alliés. C’est justement l’objectif des pouvoirs montants de mettre en cause l’autorité régionale des américains ; et Téhéran et son programme nucléaire leur donnent cette possibilité. Ils ont donc pleinement intérêt à faire durer la crise (divergence sur le calendrier) et repousser les propositions de sanctions décidées par Washington (divergence sur jusqu’où irait la résolution).

Aujourd’hui, Washington doit nécessairement trouver un consensus sur un quelconque projet de résolution, il en va de son autorité. D’ailleurs malgré les oppositions sino-russes, Rice a affirmé qu’une « bonne résolution » pourrait être trouvée. Cette résolution irait moins loin que si les États-Unis agissaient seuls et « probablement moins loin que si les États-Unis et l’Europe agissaient seuls ensemble » mais « l’important est d’avancer sur la résolution ». En bref, il leur faut une résolution mais n’importe laquelle !

 

Au lendemain de son échec cuisant face aux chinois et aux russes pour une résolution mais n’importe laquelle , Rice a encore aggravé sa propre situation et celle de l’administration Bush. A une question de la presse sur d’éventuelles visites en Iran, en Syrie ou en Corée du Nord, Rice a déclaré que les États-Unis n’avaient pas d’« ennemis permanents » et qu’elle serait « prête à rencontrer » son « homologue (iranien) en tout lieu, à tout moment » si Téhéran suspendait ses activités d’enrichissement.

 

En résumé, les Etats-Unis courent après une résolution derrière la Chine et la Russie et après une entente de préférence avant novembre 2008 avec les mollahs.

 

L’idée même de voir Condi descendre en tchador d’un avion pour aller serrer chaleureusement la main de Mahmoud  Ahmadinejad est une certaine victoire. C’est une situation parfaite pour les mollahs qui ont toujours cherché à mettre en cause le leadership régional américain pour pousser les Etats-Unis, par peur d’une perte totale de leur crédibilité, à accepter un deal de statu quo incluant le maintien en état du Hezbollah et du régime Syrien (les deux vassaux des mollahs). Ce deal sera aussi une victoire pour la Chine et la Russie, les alliés de l’axe Iran-Syrie. Et dire que Rice a accédé à ce poste pour ses soi-disant compétences à manier les soviétiques !

 

La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, était à Paris pour la Conférence des donateurs pour l’Etat palestinien et rencontrer le Président Sarkozy pour parler de l’Iran.

 

Parallèlement à cette conférence, Rice et Sarkozy parlaient du projet d’une nouvelle résolution contre l’Iran alors que la Chine s’est d’ores et déjà déclarée hostile à une résolution comportant des sanctions.