Réfugiés et déplacés : qui sont-ils     

La question des réfugiés est un problème mondial qui touche un nombre toujours plus important de personnes et de pays. Fin 2003, un peu plus de 17 millions de personnes relevaient de la compétence du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) soit environ une personne sur 300 habitants de la planète (dont 9,7 millions de réfugiés statutaires, 4,2 millions de déplacés internes, 1,3 millions de rapatriés, 1 million de demandeurs d’asile et 910 000 apatrides et autres). Ils fuient l'insécurité politique, les persécutions, les violences et les guerres… L'Afrique et l'Asie en fournissent -mais en accueillent également- le plus grand nombre. Les flux de réfugiés ont connu une progression continue et forte depuis 1985 même si actuellement la tendance est à la diminution.

En France, après six années de hausse constante (le nombre de dossiers de demande d’asile est passé de 16 000 en 1996 à 51 000 en 2002), la demande d’asile marque le pas en 2003 avec 52 000 dossiers : un nombre quasi équivalent à celui de 2002, alors que dans le même temps les pays de l’Union européenne enregistrent une baisse importante des arrivées de demandeurs d’asile (-22% pour l’Europe des Quinze en 2003).
Le taux de reconnaissance du statut de réfugié, toutes nationalités confondues, est en 2003 de 14,8% (ne concerne que les 1ères demandes, hors réexamens et hors mineurs accompagnants) avec de fortes variations selon les pays d'origine. Ce taux a tendance à diminuer depuis une dizaine d’années (il était de 28% en 1993).
Selon
la Convention de Genève de 1951, " …le terme de réfugié s'applique à toute personne…qui…craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ". Outre l'asile conventionnel, d'autres types d'asile ont vu le jour : l'asile constitutionnel et l'asile territorial.

Inégalement confrontés au phénomène des flux migratoires du fait de systèmes d'accueil et de protection encore très diversifiés, les pays européens tentent néanmoins d'adopter progressivement une approche commune de ces questions. Initiée dans un cadre intergouvernemental, cette coopération a conduit en 2004 à l'adoption d'actes juridiques dans un cadre communautaire qui visent une harmonisation notamment en matière de conditions d'accueil et de reconnaissance du statut, de procédure et de protection temporaire en cas d'afflux massifs de réfugiés. Dans le contexte de la libre circulation des personnes en Europe, une Convention européenne (Convention de Dublin) établit des mécanismes pour déterminer l'Etat responsable du traitement d'une demande d'asile, une demande d'asile conventionnel ne pouvant être déposée que dans un seul pays européen. C'est un sujet fréquemment traité aux différents Sommets européens.