Le 13 juin le régime des mollahs a annoncé la victoire d’Ahmadinejad suivie d’une saine contestation des résultats pour inciter un soutien international en faveur de Moussavi afin de procurer à ce dernier une reconnaissance qui lui permettrait de refuser la main tendue par Obama. Ce plan ambitieux a échoué car le peuple a profité de la brèche pour descendre massivement dans la rue pour scander des slogans hostiles au régime. Désormais, le régime cherche un moyen pour se tirer d’affaire à moindres frais. Des millions de personnes sont descendues dans les rues à Téhéran et à Ispahan, où l’on a pour la première fois entendu une fois le slogan que tout le monde attendait et qui pousse les mollahs à diffuser des images muettes de ces manifestations qui échappent à leur contrôle : MARG BAR JOMHURI ESLAMI, « mort à la république islamique ».

 

Le régime des mollahs perd pieds : il a ouvert une fenêtre pour aérer le système (légitimer Moussavi pour renforcer son non au dialogue) et une bourrasque est entrée dans la maison. Il y a eu 249 morts depuis 3 jours. Mais les mollahs organisent leur résistance en verrouillant l’info et en activant leurs lobbyistes dans les médias étrangers.

 

La publication la vidéo d’une fille ainsi abattue par l’un de ces tireurs autonomes. Selon les informations reçues, elle s’appelait Neda Agha-Soltan. Elle avait 27 ans et elle était étudiante en philo. Neda était venue marcher avec sa classe et son professeur, l’homme aux cheveux blancs que l’on voit à ses côtés essayant de la secourir.

Depuis sa publication par les opposants de l’intérieur, la vidéo a été diffusée partout dans sa totalité, notamment parce qu’elle montre que Moussavi n’est pas solidaire avec la rue. Ni lui ni un autre soi-disant modéré du régime n’ont condamné ce meurtre de sang-froid. Ils sont tous occupés à parler de leur petite personne. On peut prétendre être un modéré ou un humaniste, mais on ne peut pas le simuler : il y a des réflexes de base qui ne sont pas présents chez les simulateurs. Cela est aussi valable pour Shirin Ebadi (Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2003) qui a été envoyée par le régime à Genève pour encourager les Occidentaux à prendre publiquement parti en faveur de Moussavi. Celle qui est censée dénoncer les violations des droits de l’homme en Iran a consacré ses efforts à Moussavi et non à ceux qui meurent sous les balles des snipers du régime. Interrogée sur le sujet, elle a suggéré qu’une aide financière soit versée aux familles des victimes. Précisons : il s’agit du « prix du sang » prévu par son cher islam ! C’est une approche indigne car elle écarte la question fondamentale des responsabilités qui devrait être au centre de ses préoccupations.

 

Le fiancé de la jeune Neda, tuée samedi 20 Juin par les forces répressives du régime à Téhéran, a déclaré dans une entrevue accordée lundi à la chaîne BBC que cette dernière n’avait de préférence pour aucun des candidats, « son seul objectif était sa patrie ».

 

La jeune fille a été tuée samedi par les forces répressives du régime à Téhéran. Sa mort a donné un visage aux victimes de la répression politique en Iran. Les images de la mort de cette jeune Iranienne lors d’une manifestation ont circulé dans le monde entier.

 

Son fiancé, Caspian Makan, s’est fait connaître pour déclarer : « L’objectif de Neda n’était ni Moussavi ni Ahmadinejad. Son objectif était sa patrie et il lui importait d’agir dans cette voie. Elle avait à mainte reprise affirmé que même si elle devait y donner sa vie et qu’une balle devait lui traverser le cœur – et c’est ce qui s’est effectivement produit – elle n’aurait de cesse de continuer dans cette voie. Malgré son jeune âge, elle nous a donné une grande leçon ».

 

Concernant certaines images truquées diffusées sur internet, Caspian Makan a déclaré : « Je naviguais sur la toile et je suis tombé sur un site, « ireport » qui montrait une jeune femme avec un signe de couleur verte en affirmant que la photo appartenait à Neda. Tandis que cette photo n’a rien à avoir avec Neda. La photo montrait une fille brandissant une affiche de monsieur Moussavi. Il semble que les sympathisants de Monsieur Moussavi ont essayé de le lier à Neda. Mais ce n’ai pas vraie. Neda était extrêmement proche de moi, Neda n’a jamais supporté aucun des deux groupes. Neda voulait la liberté, la liberté pour tout le monde. »