Le dernier rapport de l’AIEA a été conçu pour priver les Etats-Unis de leur mainmise sur la gestion des intimidations et des sanctions afin que les Américains ne puissent pas utiliser ces pressions sur Téhéran pour imposer une entente séparée aux mollahs, entente qui bouleverserait de nombreux équilibres internationaux et nuirait aux intérêts vitaux des autres membres du Conseil de Sécurité.

 

Le rapport est donc allé plus loin que les accusations de Washington pour devenir la principale source de pression sur Téhéran pour forcer les mollahs à accepter une entente multilatérale, c’est-à-dire avec le Conseil de Sécurité (les Six). Depuis sa publication nous assistons à une guerre larvée entre Washington et l’AIEA qui a fini par sauver les mollahs.

 

Le 20 février, le dernier rapport de l’AIEA révélait que Téhéran avait stocké assez d’uranium faiblement enrichi pour produire la quantité d’uranium hautement enrichi nécessaire pour une bombe. L’AIEA stipulait donc que les sanctions avaient échoué et il fallait trouver un compromis avec Téhéran. Washington n’a retenu de ce rapport que la volonté de dissimulation des mollahs et leur potentiel pour créer une première bombe pour exiger encore plus de sanctions. L’AIEA a alors affirmé que Téhéran n’avait pas agi intentionnellement pour dissimuler leur stock, laissant entendre que de nouvelles sanctions étaient injustifiées.

 

Le jour de sa publication, le rapport avait laissé les mollahs sans voix car ils se retrouvaient face à deux adversaires qui cherchaient à se surpasser mutuellement dans les intimidations contre l’Iran. La situation était doublement pénalisante pour l’Iran car elle le plaçait en totale infériorité et de plus le privait de son bras de fer exclusif avec Washington, un affrontement qu’il espère exploiter pour obtenir une reconnaissance américaine de son rôle régional et la levée de toutes les sanctions américaines contre l’Iran et ses milices, le Hamas et le Hezbollah.

 

Après quatre jours d’affrontement entre Washington et l’AIEA, tout va au mieux pour les mollahs : ils ont recouvert leur confiance car visiblement l’AIEA ne veut pas s’engager dans un processus pour une nouvelle résolution qui légitimerait encore les sanctions américaines contre l’Iran.

 

Fort de cette constatation, Téhéran est reparti à l’offensive pour affaiblir le plus vulnérable des deux, c’est-à-dire l’AIEA, afin de favoriser la mainmise américaine et ainsi relancer son bras de fer avec les Etats-Unis. C’est pourquoi Hassan Ghashghavi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a précisé officiellement que contrairement aux conclusions de l’AIEA, les activités nucléaires de l’Iran ne s’étaient pas ralenties.

 

L’Iran entend également exploiter des rencontres programmées depuis plusieurs jours avec des émissaires Européens dont le Français Gérard Araud, membre du groupe des négociateurs des Six, comme une preuve d’un changement de ton et d’un alignement européen sur ses positions.

 

La situation qui était très défavorable aux mollahs revient vers une normalité familière et consternante qui est la preuve que les Six restent figés quant à leurs relations avec l’Iran.

 

La réponse finale aux menaces du régime intégriste en Iran qui cherche se doter rapidement la bombe atomique est un changement démocratique par le peuple iranien.