Barack Obama continue de nommer ses collaborateurs. Il vient d’annoncer le nom de son principal conseiller sur l’Iran. Il s’agit de Vali Nasr, l’un des plus connus lobbyistes pro-mollahs à Washington !

 

Vali Nasr a longtemps fait partie du CFR ou Council on Foreign Relations, le chaudron magique des projets géopolitiques américains. Le CFR compte deux types de membres, ceux qui décident comme Brzezinski ou Gates, et ceux qui interviennent comme experts. Officiellement, les décideurs agissent en se basant sur les expertises soi-disant indépendantes de leurs experts. Mais en fait c’est l’inverse : ces soi-disant expertises sont citées en renfort pour justifier auprès des électeurs et l’opinion américains des choix très discutables des décideurs comme par exemple une entente avec le régime des mollahs.

 

Ainsi en 2006, Nasr a commencé à familiariser les médias avec l’idée d’une entente nécessaire avec les mollahs sous prétexte que ces derniers étaient trop forts, c’est-à-dire capables d’embraser toute la région, plus particulièrement l’Irak. Peu après, on eut droit au rapport Baker-Hamilton fin 2006. Ce rapport recommandait le dialogue avec les mollahs en se basant sur leur puissance régionale, or le rapport était une reprise d’un précédent rapport concocté par les deux principales figures de CFR : Robert Gates et Brzezinski. En fait quand Nasr avait pondu son expertise, il ne faisait que réciter les conclusions du rapport écrit en 2004 par Brzezinski et Gates.

 

Sa nomination est une marque de plus de la présence non déclarée de Brzezinski, concepteur du projet Arc de Crise qui recommandait une islamisation de l`Iran et de ses voisins en 1979.

Sur le plan personnel, comme tous les soi-disant experts consultés par les Américains, il bénéficie d’un CV touffu avec de nombreuses références universitaires qui sont censées donner de la valeur à son expertise. Vali Nasr est le fils de Hassan Nasr, un ancien collaborateur du Chah, mais opposé à ses projets de modernisation et laïcisation du pays. Hassan Nasr entretenait des relations amicales très fortes avec l’Ayatollah Motahari, l’un des concepteurs de la république islamique. Mais malgré ses idées islamistes, Nasr senior n’a pas pu demeurer en Iran car Motahari, l’ayatollah rouge proche des Moudjahiddines du peuple a été éliminé au début de la révolution par un mystérieux groupe qu’il est possible de relier à Rafsandjani, le futur patron du régime. Après l’assassinat de Motahari, sans protecteur, Nasr senior a été inquiété et a quitté l’Iran pour les Etats-Unis où il a continué à servir l’islam chiite à travers ses très nombreux livres et conférences dont les textes sont diffusés en Iran depuis 2005. Vali Nasr marche sur ses traces, mais aussi sur celles de son grand-père maternel, Cheikh Fazlollah Nouri, un ayatollah ultra intégriste du début du XXe siècle !

 

Cheikh Fazlollah Nouri est connu pour son opposition à la constitution iranienne de 1906 qu’il trouvait d’un islamisme trop light à son goût. Il a été arrêté et pendu par les constitutionalistes après leur victoire. Ce grand-père mythique a été élevé au rang de Martyr après la victoire de la révolution islamique, on donna son nom à une voie rapide et le régime a conçu le Conseil des Gardiens de la révolution islamique sur la base de ses théories de gouvernance.

 

Le jeune Nasr, futur conseiller d’Obama, qui serait aussi un proche ami de Dennis Ross, suit donc les traces incandescentes d’un père et d’un grand-père qui ont voué leur vie à l’islam au pouvoir.